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Hydrocarbures au Burkina : et si on libéralisait le secteur ?

Cela fait au moins deux ans que les Burkinabè n’ont pas connu une augmentation des prix du carburant à la pompe. L’heure de vérité des prix a sonné. En tout cas, à en croire le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, la SONABHY (Société nationale burkinabè des hydrocarbures) ne peut plus tenir financièrement ou précisément, ne peut plus supporter les pertes sèches qu’elle accumule chaque mois.

Siège de la SONABHY


De fait, les prix ont été bloqués par le gouvernement depuis les émeutes de la vie chère. Les Burkinabè vont donc, dans quelques jours, être confrontés à de nouvelles charges. En l’absence de mesures compensatoires, une augmentation des prix du carburant provoque comme d’habitude une inflation généralisée. C’est même un argument massue pour tous. Compte tenu de l’importance de ce facteur de production, il y aura donc une répercussion sur plusieurs secteurs de la vie économique. En tout cas, c’est une mauvaise nouvelle pour les Burkinabè. Déjà, les mesures prises par le gouvernement pour contenir les prix des produits de grande consommation avaient montré leurs limites. Avec l’augmentation des prix du carburant, la vie chère (qui plombe la consommation et joue donc sur l’économie) ne va-t-elle pas revenir en force ? Il faut le craindre malheureusement. Mais, le débat qu’il faut engager sans tarder est qu’il faudra prendre des décisions politiques pour réformer la SONABHY, tout en la maintenant comme garante de l’approvisionnement des hydrocarbures au Burkina. Pour sûr, le système est arrivé au bout de sa course et il faut le réformer. Peut-on accepter que la SONABHY traîne des pertes sèches chaque mois au risque de la voir s’effondrer comme un château de cartes avec les conséquences que cela pourrait avoir ? Par ailleurs, la Nationale des hydrocarbures doit-elle faire des bénéfices sur le dos des consommateurs qui estiment que l’Etat perçoit trop de taxes sur le litre d’essence ? On le voit donc, les choses ne sont pas simples. Alors, n’est-il pas possible de libéraliser le secteur tout en maintenant le rôle crucial de la SONABHY sur le contrôle de la qualité et la constitution d’un stock de sécurité. En tout cas, certains pays de l’hinterland ont construit des modèles d’approvisionnement qui ne souffrent pas de la qualité du carburant ou de ruptures répétitives. Il semble qu’au Burkina Faso, les partisans et les contempteurs de la privatisation de la SONABHY ne manquent pas l’occasion d’exposer leurs arguments. C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités et de trouver la meilleure formule, celle qui associe qualité, disponibilité et prix raisonnable.

Dayang-ne-Wendé P. SILGA



Source : Le Pays

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