Grogne à la mine d’Essakane

La société Essakane traverse depuis quelque temps une crise liée aux heures supplémentaires « imposées » aux employés. En effet, ces derniers estiment que le code du travail burkinabè autorise 8 heures de travail ; et par conséquent, disent ne pas comprendre pourquoi la société Essakane prend le contre-pied en les faisant travailler 12 heures par jour. Ce problème entre travailleurs et responsables de la société dure depuis près d’un an mais faute de trouver une solution, il a amené les employés à initier une grève illimitée depuis le mardi 13 décembre 2011. Pour prendre l’opinion à témoin, la structure syndicale a tenu un sit-in le mercredi 14 décembre 2011 sur le terrain des 1200 Logements.

Grogne à la mine d’Essakane


Le terrain des 1200 Logements a connu une mobilisation particulière ce mercredi 14 décembre 2011. En effet, des travailleurs de la société Essakane ont pris d’assaut ce lieu pour rejeter les heures supplémentaires à eux imposées par les premiers responsables de la mine. C’est dans ce groupe de près d’une centaine de travailleurs que Jules Zoungrana, délégué syndical/CNTB, a souligné qu’ils ont entamé une grève illimitée et ce, depuis hier minuit (le mardi 13 décembre 2011) pour protester contre ces heures supplémentaires. Il a mentionné que présentement la société Essakane les fait travailler 12 heures de temps alors que le code du travail burkinabè n’autorise que 8 heures de travail par jour. « Présentement, on travaille 12 heures par jour, cette situation nous a conduits à entreprendre des discussions avec les premiers responsables de la société d’Essakane. Mais après un an et demi de discussion, aucune solution n’a été trouvée. C’est ainsi que nous avons été amenés à déposer notre plate-forme revendicative à la direction générale d’Essakne ; toujours pas de nouvelles à ce niveau. Nous avons été obligés d’entamer une grève illimitée que nous avons commencée depuis le mardi 13 décembre 2011″, fait savoir Jules Zoungrana. Ce dernier reproche au président de Iamgold qui exploite la mine d’Essakane Stephen J.J. Letwin (présent actuellement dans notre pays) d’avoir tenu des propos du genre : la société Iam Gold ne peut pas payer ces heures supplémentaires. A défaut de supprimer ces heures supplémentaires, suggère Jules Zoungrana, que la société les rémunère. Selon toujours Jules Zoungrana, les travailleurs sont prêts à reprendre le travail à condition que les responsables d’Essakane acceptent de lever cette disposition. « Cette grève concerne tous les travailleurs, sauf une partie de nos patrons mais ces derniers s’apprêteraient à nous rejoindre ». Il a aussi mentionné qu’à l’heure actuelle, leurs camarades restés sur le site minier se sont vu couper les vivres par la société. « Nous sommes en train de cotiser de l’argent à leur envoyer afin qu’ils puissent avoir à manger ». Au moment où nous quittions les lieux, le comité syndical s’apprêtait à rejoindre Essakane pour entamer des discussions avec les premiers responsables de la mine. Pour ce comité, la solution de cette crise passe par deux possibilités soit la société paie les heures supplémentaires soit elle les supprime carrément. « Nous sommes prêts à continuer cette grève », a-t-il laissé entendre.

Ambèternifa Crépin SOMDA (Collaborateur)

Source : Le Pays

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