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Comment la BOAD a racheté la holding BRS au franc symbolique

Francs CFA


Tentatives infructueuses menées en coulisses des multinationales bancaires, deal foireux entre l’ancien gouverneur de la BCEAO, Henri DacouryTabley et le groupe NSIA. Bref, la holding de la BRS a tout vécu. Minée par des pertes sèches à hauteur de 60 milliards f CFA, dues à la non rentabilité de cinq de ses filiales, le groupe bancaire était en vente depuis 2011. Finalement c’est l’offre de la BOAD qui a prévalu sur toutes les autres.L’institution ouestafricaine vient de la racheter au franc symbolique, avec à la clé un plan de renflouement d’urgence estimé à plus de 90 milliards f CFA. Les Afriques livre les dessous de cette grande opération qui a abouti après plusieurs longues nuits à la vente des 8 filiales de la BRS

Créé en mai 2004, la holding du groupe Banque régionale de solidarité (BRS), pesant plus de 24 milliards f CFA en valeurs de capitalisation, vient d’être rachetée finalement par la BOAD. Au franc symbolique. Une prouesse pour l’institution bancaire de développement ouest-africaine, qui a mené en douceur, des mois durant les négociations sur l’axe Lomé-Dakar- Niamey.

Veto de la BCEAO

La holding BRS, suite à la décision des autorités de la Bceao de mise en vente des actions de ses 8 filiales entamée début 2010, n’a pas pu conclure l’opération de cession avec bon nombre de repreneurs qui se sont manifestés. Selon une source autorisée, qui suit le dossier, la Bceao a exigé au repreneur la cession globale du holding. «Les repreneurs ne voulaient acheter que les filiales rentables au nombre de quatre sur les 8 que compte la holding» a commenté notre source. Refus catégorique de la Bceao. Du côté du siège de l’institution, c’est la formule du bouquet ou rien qui sied. Les banques intéressées à son rachat partiel et non à la reprise du bouquet ont dû au finish jeter l’éponge. Rebelote. On change de stratégie, pour séduire, rassurer et convaincre les repreneurs. Le projet de création de la holding BRS, considéré comme le bébé de l’ex gouverneur de la Bceao, Charles Konan Banny, du fait de son entregent auprès des chefs d’états de la zone Uemoa, est devenu une réalité sur le marché bancaire régional. Son départ à la tête de la Bceao pour s’occuper de la primature ivoirienne, soutiennent des voix autorisées de l’institution, avait précipité la dégringolade de certaines filiales qui peinent à décoller. L’arrivée d’un nouveau gouverneur, en l’occurrence Henri Dacoury-Tabley, va dérégler la machine. Quelques-unes des filiales de BRS, reprochent à la Banque centrale sous le magistère Dacoury -Tabley sa timidité à les accompagner dans leur développement interne et même de l’inopportunité de l’opération de la vente du holding à d’autres groupes bancaires. Les positions étaient divergentes au sommet de l’institution et le malaise couvait à peine sur les contours du schéma de mise en vente du holding. Beaucoup s’était opposé, informe notre source, à la franchise du tandem Bceao-BRS.

C’est la direction Crédit et Micro-finance de la Bceao, pièce maîtresse du plan de montage de cession des actions de la holding, qui s’est chargée de mettre en musique l’opération. A l’époque, seul l’ex gouverneur Dacoury- Tabley avait le pouvoir et le mandat de communiquer sur ce projet. Annoncée par Les Afriques, après vaines sollicitations, les autorités ont préféré s’emmurer dans un silence.

Sous le magistère de Dacoury Tabley, l’information sur la santé financière morose en vérité de la holding se savait par les administrateurs. Quelques unes des filiales étaient au creux de la vague. L’audit des comptes du holding diligenté fut catastrophique. Ce dernier révèle plus de 60 milliards f CFA de pertes sèches accusées par certaines filiales au bord du gouffre. L’audit confirme une insuffisance notoire de ressources propres au niveau de certaines filiales. Ce qui explique que depuis début 2010, la BCEAO étudiait le scénario de la vente du holding sur la base des risques, des avantages, des opportunités et de l’environnement du marché. Une grande majorité des actionnaires qui avaient perdu espoir ont suggéré la vente des filiales non rentables et de garder les banques crues.

Le deal Dacoury- NSIA

A la faveur d’une crise aiguë qui sévit en Côte d’Ivoire et les tentatives infructueuses des groupes bancaires short-listés, l’ex gouverneur de la Bceao, Henri Dacoury- Tabley lance les négociations avec le groupe ivoirien, NSIA pour lui filer sur un plateau d’argent la holding. Son président, l’Ivoirien Jean Kacou Diagou, ami aussi du président déchu, Laurent Gbagbo, et de Dacoury Tabley, est mis sur orbite. Selon des sources bien informées, le dossier est géré avec discrétion depuis la présidence d’Abidjan. Rien ne doit filtrer jusqu’à la finalisation de la vente du holding BRS. L’offre est alléchante du côté de NSIA qui saute sur cette grosse opportunité. Les besoins ont été clairement définis par le tandem Dacoury- Jean Diagou. Un fromage pour la NSIA qui a pris l’option de sauver les meubles. Sous le parrainage attitré de Laurent Gbagbo. La transaction passe à la vitesse supérieure. Le président de NSIA s’entoure de toutes les garanties pour mettre sous son pavillon la holding. Contre toute attente, les choses se gâtent pour Laurent Gbagbo, acculé par l’insurrection populaire et la pression de la communauté internationale. Avec sa chute, l’ex gouverneur, Dacoury Tabley se voit retirer le mandat de signature au nom de la Bceao, suite à la décision des chefs d’Etats de l’Uemoa. Sans parrain, le deal foire. La finalisation de la transaction est reportée sine die.

Au franc symbolique

Après un chassé croisé des multinationales et groupes panafricains, la Bceao a trouvé repreneur courant septembre, à l’issue du Conseil d’administration du holding à Niamey. L’information n’a pas été rendue publique. «La BOAD a été très flexible et accepté de racheter au franc symbolique la holding BRS» confirme une source autorisée, contactée par Les Afriques. Soucieuse du développement du secteur public et privé de l’Afrique de l’Ouest, la BOAD a accepté de garder les filiales déficitaires. Un plan de renflouement d’urgence de la holding est adopté par les autorités de la BOAD à hauteur de 90 milliards f CFA pour apporter du cru au groupe.

Selon nos informations, la BOAD va s’attacher à court terme un partenaire bancaire technique stratégique en vue de l’accompagner dans sa mise en route du plan de relance.

«Le rachat au franc symbolique est une bonne formule et le plan de renflouement devra doter le holding de capitaux conséquents, plus attractifs et de ressources pérennes » a commenté notre source.

ISMAEL AIDARA, RÉDACTEUR EN CHEF DÉLÉGUÉ




Source : Les Afriques

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