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24ème assemblée générale d’Ecobank : 28 milliards à distribuer aux actionnaires

24ème assemblée générale d’Ecobank


Les actionnaires et les administrateurs du groupe Ecobank ont adopté le bilan financier des activités de l’année 2011, présenté lors de la 24e assemblée générale du groupe, le 15 juin à Lomé. Le total du bilan s’est établi à 17,2 milliards de dollars en 2011, soit un bond de 64% par rapport à 2010. Les actionnaires ont loué ces performances qui vont leur permettre de partager 28, 867 milliards de FCFA au prorata des apports.

La 24e assemblée générale ordinaire de la banque panafricaine Ecobank, s’est tenue le vendredi 15 juin, au siège du groupe à Lomé, situé en bordure de mer. Cette banque qui couvre désormais 35 pays avec des bureaux à Londres, Paris, Dubaï et Johannesburg, a réaffirmé à cette occasion ses ambitions d’être la plus performante dans son domaine en Afrique sub-saharienne.
Son bilan financier pour l’année 2011 affiche des résultats exceptionnels. Au compte de l’exercice annuel clos le 31 décembre 2011, Ecobank a réalisé un bilan de 17,2 milliards USD (environ 8.930 milliards FCFA), soit une croissance de 64% par rapport à l’année 2010. Le résultat net est de 207 millions USD en progression de 57%. Les revenus ont aussi progressé de 33% pour s’établir à 1,2 milliard, dégageant 207 millions USD de bénéfice sur l’année 2011.
Par ailleurs, l’assiette clientèle s’est élargie et partant, ses dépôts et engagement vis-à-vis d’Ecobank. Ainsi a-t-elle enregistré au total 12,1 milliards USD (plus de 6.280 milliards FCFA) en dépôts en compte des clients, soit 52% de hausse. Parallèlement, la banque a minimisé ses risques. Autre fait marquant, la baisse des créances douteuses qui ont été ramenées à 5,5% du total prêts, contre 15% en 2010, même si les prêts à la clientèle ont accru de 40% pour atteindre 7,4 milliards USD.
Les administrateurs et les actionnaires ont salué à l’unanimité ces résultats. Le président du Conseil d’administration du groupe, Kolapo Lawson, a parlé de « progrès significatifs » et de « croissance satisfaisante en 2011 ». Pour le directeur général du Groupe, Arnold Ekpé, 2011 a été une « période de forte croissance ». « Nous avons terminé l’exercice comme un groupe plus solide, plus diversifié et dynamique », a déclaré le Directeur général d’Ecobank.
Adoté Blim Blivi, Pr à l’Université de Lomé et actionnaire d’Ecobank, note pour sa part que le bilan 2011 « montre un large rayonnement d’Ecobank ».
Ces résultats sont méritoires d’autant plus qu’ils ont été réalisés dans un « contexte incertain », de l’avis du président du Conseil d’Administration du groupe, Kolapo Lawson. Celui-ci a rappelé les troubles postélectoraux survenus en Côte d’Ivoire en 2011, le printemps arabe, la crise de la dette dans la zone euro… « Malgré ce contexte incertain, Ecobank a enregistré une croissance satisfaisante », a-t-il déclaré.
C’est fort de ces performances que les participants ont adopté à la majorité, les états financiers de l’exercice 2011. Ils ont aussi adopté des résolutions pour accepter Sena Agbahissah et Mamman Ifo comme nouveaux administrateurs du groupe d’une part et pour le renouvellement des mandats des administrateurs Evelyne Tall et Albert Essien ainsi que des commissaires aux comptes d’autre part. La rencontre s’est achevée par l’inauguration de l’Académie de Ecobank, un centre de formation à l’excellence, bâti juste derrière les locaux du siège. Une brève assemblée générale extraordinaire a permis de décerner deux prix d’excellence mis en jeu par le président du Conseil d’administration et le Directeur général.

Un bénéficie de 0,04 dollar par action

De tous les chiffres présentés par le Conseil d’administration, un seul a retenu l’attention de la majeure partie des actionnaires : le dividende, qui correspond au bénéfice affecté à chaque action. Le Conseil d’administration a proposé 0,04 dollar américain par action, soit environ 2 francs CFA. Dit autrement, il faudrait 50.000 actions par exemple, pour récolter 100.000 francs de dividendes. Mais il revenait à l’Assemblée générale d’entériner cette proposition. Et c’est sans tergiverser qu’elle a adopté la résolution y relative. Elle permet ainsi de répartir 55,6 millions USD ou environ 28 milliards 867 millions de FCFA entre les actionnaires.
Visiblement, certains s’attendaient à mieux. Ils se fondent sur la bonne santé financière de l’institution bancaire et sur les résultats enregistrés ces dernières années. En effet, Ecobank a racheté la part majoritaire des actions dans plusieurs banques sur le continent. On peut citer pêle-mêle la Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB), The Trust Bank du Ghana, Oceanic Bank du Nigeria, Premier finance group du Zimbabwe.
Quelque peu frustrés de recevoir les mêmes dividendes que l’année passée, les insatisfaits ont aussitôt demandé des explications sur la justesse de certaines dépenses. Ils ont proposé la création d’un comité chargé d’examiner tous les points d’incompréhensions soulevés à l’occasion, notamment le recours à des fonds publics sud-africains, la chute de la valeur de l’action (seulement 37 FCFA à la BRVM à la veille de la réunion), la hausse des dépenses d’investissement, les difficultés de paiement rencontrées par des clients avec leurs cartes électroniques…
Des actionnaires burkinabè présents à la rencontre ont accepté l’idée de voir ce comité. Pour André Bayala, directeur général de la SONAR, ce comité est nécessaire. « Il faut évacuer très rapidement les points d’incompréhension afin que la confiance revienne », a-t-il dit. Pour d’autres comme le Pr Blivi, il faut même créer des associations d’actionnaires dans tous les pays où Ecobank est implantée pour défendre leurs intérêts, mais aussi pour comprendre le fonctionnement de leur banque.

Un investissement pour le développement durable

Si le dividende est de 0,04 USD par action en 2011, alors qu’il atteignait 0,15 USD en 2001, cela se justifie entre autres par l’augmentation du capital du groupe, pour réaliser ses ambitions d’expansion.
Pour conquérir le marché bancaire dans le pays le plus peuplé d’Afrique, Ecobank a acquis la direction d’Oceanic Bank, devenant la 5e banque au Nigeria. Ecobank avait aussi lancé le processus d’acquisition de la Trust Bank du Ghana, pour devenir la première banque dans l’économie la plus dynamique d’Afrique subsaharienne. « Ecobank grandit rapidement et cela a un coût », a expliqué le Directeur général.
La Banque a aussi investi dans le numérique pour coller à l’ère du temps. Ainsi, de 779 Distributeurs automatiques (DAB) et 888 Terminaux de paiement (TPE) en 2010, Ecobank est passée respectivement à 1487 DAB (91%) et à 2151 TPE (142%) en 2011.
Tous ces investissements vont permettre au groupe de réaliser son rêve de devenir leader bancaire au « Centre de l’Afrique » (Sud du Sahara à l’exception de l’Afrique du Sud), de soutenir la cause de l’Afrique et de servir des dividendes mirobolants à ses actionnaires. « Même s’il reste beaucoup à faire, nous sommes désormais plus proches que jamais de notre objectif, celui de bâtir un établissement d’envergure mondiale, et de contribuer au développement de l’Afrique », a annoncé le président du conseil d’administration.
Le développement durable de l’Afrique, c’est aussi la question de l’environnement et Ecobank s’est engagée à « ne pas financer » les emprunteurs qui ne seront pas en mesure de respecter certaines « politiques sociales et environnementales écrites ».
Le groupe Ecobank est la propriété de ETI (Ecobank transnational incorpored), la société-mère, créée comme une holding bancaire en 1985 par la fédération des compagnies d’assurance de l’Afrique de l’Ouest.

Aimé Mouor KAMBIRE
De retour de Lomé



Source : http://www.sidwaya.bf/quotidien/spip.php?article5849

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